février
Maison passive, hiver, vague de froid et premier bilan.
Posted by Sam at 10:04 . Placed in Non classé category
Construire une maison sans chauffage relève pour beaucoup d’une aberration, de surcroît dans les Vosges, et suscite bien des questions lorsque l’hiver s’annonce : portent-ils des anoraks en permanence ? Peuvent-ils prendre une douche sans être pétrifiés ?
Nous avons emménagé le 13 novembre. Après 2 mois et demi voici un premier bilan comparativement à notre précédent lieu d’habitation (maison du siècle dernier rénovée il y a moins de 10 ans, isolation par intérieur, laine minérale, chauffage électrique au sol, carrelage et faïence sur grande surface, cumulus élec.).
- Absence de mouvement d’air au sein de la maison bien que la VMC fonctionne en permanence.
- Une humidité qui semble se réguler (pas de sensation de sécheresse du palais après la nuit), absence de condensation, constat identique dans la salle de bains.
- Une qualité de l’air très différente : on ne ressent plus le besoin d’ouvrir les fenêtres (le débit de la VMC est régulé par une sonde à CO2).
- Une sensation de bien-être par une luminosité importante.
- Absence de sensation de froid au contact du sol (parquet dans toutes les pièces, sauf cellier), des parois et des baies vitrées.
- Une augmentation de température constatée lorsque nous cuisinons (four) ou utilisons des appareils ménagers, lors de notre présence dans la maison, lorsque les spots sont allumés, et bien sûr dès que le soleil inonde les pièces.
- De plus, nous avons la satisfaction d’avoir de l’eau chaude sanitaire (issue de la récupération de l’air vicié) en permanence.
Au final, la température ressentie est supérieure de 2°C environ à celle affichée, mon épouse étant frileuse elle partage cet avis personnel et les enfants n’ont plus besoin de se couvrir le matin pour prendre leur petit-déjeuner.
La soudaine vague de froid qui s’est abattue sur le territoire est une situation « idéale » pour constater l’efficacité énergétique de l’ouvrage. Pour illustrer le propos je prends l’exemple de 3 février. Départ 7 H00 au matin T int. = 17°C (ressentie 19-20°C), T ext. =-13°C sur le plateau avec vent, autant dire que la sensation de froid était très présente. Journée ensoleillée et retour à 18H30, le température extérieure était de -8°C accompagnée d’un léger vent, l’intérieur à 21,3°C. (ressentie 22-23°C). Je vous laisse vous faire votre avis.
La vie du blog sera maintenue par la publication des relevés de température et de consommation et surtout n’hésitez pas à nous poser vos questions !

Concernant les peintures nous souhaitions nous tourner vers des peintures dites « naturelles ». Trouver un produit 100% naturel relève de l’impossible, il fallait faire preuve d’une certaine souplesse plutôt que d’un intégrisme écolo. De ce fait face au green-washing ambiant nous avons orienté notre choix vers des marques reconnues dans ce domaine : Biofa, Auro, Livos, Aglaia, Tierrafina (superbe enduit !). Le réseau de distributeur reste cependant limité dans l’Est (préférer se rendre en Allemagne).
Nous avons ensuite opté pour un fabricant français basé en Alsace : Nature et Harmonie et distribué à Épinal par Uni’vers Bio. Compter 3 passes sur du Fermacell pour peinture blanche dispersion à l’eau, idem pour couleur (1 passe blanche + 2 passes couleur). Vous trouverez toute la documentation de leur produit sur site dédié, page partenaires.
Exposée au nord-est la salle de bains reçoit les premiers rayons lumineux du matin. Il fallait préserver une atmosphère cocon pour une pièce où l’on se retrouve dénudé et éviter une ambiance aseptisée (peu de faïence, pas de blanc) d’où le choix d’une couleur chaude. A l’opposé la chambre profite d’un maximum d’ensoleillement (exposition plein sud). Afin d’équilibrer le flux lumineux et maintenir un sentiment propice au repos, le choix s’est orienté vers une couleur froide et sombre.
Nous avions prévu initialement une chape sèche en Fermacell mais avons vite délaissé le carrelage (sauf cellier) pour s’orienter vers un parquet masssif. La pose clouée de celui-ci aurait nécessité des lambourdes fixées sur le Fermacell. Afin de limiter l’élévation du niveau du sol, nous avons remplacé cette chape sèche par le système Steico Floor. Il est composé de panneaux denses de fibres de bois rainurés et de lattes de bois que l’on intercale entre ceux-ci lors de la pose. Ces lattes servent ensuite de lambourdes pour la pose du parquet massif en chêne, l’élévation est alors limitée. De plus ces lattes ne sont pas en contact avec le support inférieur, car légèrement moins épaisses que le panneau. Ainsi la transmission des bruits d’impact et de marche est réduite favorisant ainsi le confort acoustique (important pour l’étage). Le produit est ouvert à la diffusion de la vapeur d’eau (régulation de l’hygrométrie) et permet d’assurer une très bonne isolation thermique…

Dès que l’on pense aux panneaux pour cloisons, l’incontournable panneau de placoplâtre (placo, BA13, etc…) vient à l’esprit. Pourquoi donc du Fermacell ? Comparativement au placo il possède une masse plus lourde (meilleure inertie, solidité à l’arrachement et aux coups, avantage phonique), apte au transfert vapeur eau (régulation hygrométrie), non sensible à l’eau, et classé M0 (incombustible).

L’ensemble du travail (pose + joints) a été réalisé par Maxime (UnMaxDeRenovation) : ponctualité, professionalisme, suivi, avancement en temps imparti, des conseils avisés et le sourire en prime !
Afin de rester dans l’esprit de la maison j’ai réalisé l’ossature des cloisons en bois (raboté 4 faces, section 45 x 95 mm) et non en rails métalliques. A posteriori ce choix s’est avéré plus contraignant que la solution classique : problèmes avec fournisseur (1er lot avec bois voilé et cintré, pensez à contrôler votre marchandise à réception), découpe montants et traverses, contrôle niveau et planéité. Au final un chantier qui est devenu chrono-phage, encore merci à Fabrice et Stéphanie pour leur aide précieuse… 



Enfin pour assurer l’
L’ensemble se présente sous forme de conduits galvanisés (diamètre 100 à 160mm), avec manchon d’isolation noir en isolant non minéral (19 mm épais). Chaque sortie est pourvue de silencieux (visible au premier plan sur photo) afin d’obtenir un niveau sonore théorique de 20 dB (comparable à un bruissement de feuilles, 40 dB pour une conversation). Peu de bruits extérieurs sont perçus et la maison est très silencieuse, de ce fait le système de ventilation devait être conçu de sorte à ne pas provoquer de bruit dérangeant dans le bâtiment! Nous verrons bien à l’utilisation puisque la machine sera réceptionnée début septembre.